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Immobilier : le logement social suscite les polémiques

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Source : Diagnostic Expertise ( 20/10/08, 12:00 )

Immobilier : le projet Boutin face aux critiques
Sur fond de crise de l'immobilier, le destin du projet de loi sur le logement proposé par Christine Boutin est actuellement entre les mains des sénateurs.

Alors que la crise immobilière alimente les débats depuis plusieurs mois déjà, le projet de loi « de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion » fait l'objet d'un examen minutieux de la part du Sénat. Dure tache que celle qui attend les sénateurs qui devront se prononcer sur le texte proposé par Christine Boutin, la ministre du Logement.

Un texte dont les principaux points sont déjà sujets à controverses. Axe prioritaire du projet de loi, le logement social (à l'instar du secteur immobilier dans son ensemble) subit de plein fouet les effets d'une crise tant financière (raréfaction du prêt immobilier) qu'immobilière. Si le plan initial prévoyait la création annuelle de 500.000 logements à caractère social, avant même l'adoption du projet de loi les ambitions ont été revues à la baisse (passant ainsi à 360.000 constructions éventuelles en 2008). Les objectifs visés sur ce point sont d'ores et déjà caduques et ce, malgré la décision du gouvernement de racheter aux promoteurs 30.000 biens immobiliers neufs pour les introduire sur le marché locatif social.

Le dispositif imaginé par Christine Boutin prévoyait une modification de la loi SRU (loi de Solidarité et Renouvellement Urbain). Imposant aux communes de plus de 3.500 habitants d'accroître leur parc immobilier social à hauteur de 20% d'ici 2020, la ministre souhaitait intégrer dans ce pourcentage l'accession aidée à la propriété (comme par exemple la maison à 15 euros par jour). Suscitant l'hostilité générale de la part de la classe politique, cette proposition (article 17 du projet de loi) à d'ores et déjà été invalidée par la commission économique du Sénat. Une enquête du Crédoc (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) a pourtant récemment indiquée que « 84% des Français approuvent la prise en compte de l'accession populaire à la propriété dans les 20% de logements sociaux ». La ministre du Logement a d'ailleurs commenté la décision de la Commission sénatoriale en estimant que « les Français modestes, qui jusqu'à présent ne devenaient jamais propriétaires et restaient toute leur vie locataires, ne comprennent pas que pour des raisons idéologiques le fait de finalement devenir propriétaires pour le même loyer, avec la même aide de l'Etat (la Tva à 5,5%), ne leur permet plus d'être considérés comme 'sociaux' sous prétexte qu'ils accèdent à la propriété ».

Axée sur le prêt Pass Foncier, la maison à 15 euros par jour, mesure phare de la ministre, est évidemment présent au sein de ce projet de loi. Afin de muer les locataires de logements sociaux en propriétaires, Christine Boutin étend donc son dispositif aux logements collectifs. Objectif : 40.000 propriétaires supplémentaires.

Si l'accession à la propriété constitue une priorité pour le gouvernement (Nicolas Sarkozy n'avait-il pas souhaité, lors de la campagne présidentielle, faire de la France un pays de propriétaires ?), l'accession à la location n'en est pas pour autant délaissée. Face aux critiques des associations de propriétaires (UNPI en tête), les diverses aides revalorisées ne seront toutefois pas réexaminées et le dépôt de garantie correspondra bien à un seul et unique mois de loyer (contre deux auparavant). Un loyer dont les évolutions éventuelles devraient également se voir soumises à des contrôles plus rigoureux.

Malgré les vives polémiques qu'il suscite, ce projet de loi « de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion » pourrait représenter, selon les dires mêmes de madame Boutin, « une politique ambitieuse en faveur du logement ».

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Immobilier - Immobilier : le logement social suscite les polémiques

Par Silver - 20/10/08, 10:56

Sous l'apparence de l'équité, l'expulsion des locataires ayant perçu le double du plafond d'accès au logement social sera dans certains cas particulièrement injuste (alinéa 4, paragraphe 1 de l'article 20 du projet de loi Boutin). La situation financière d'une personne ayant gagné moins du double du plafond d'accès à un logement social pendant toute sa vie peut en effet être bien meilleure que celle de ceux n'ayant perçu le double du plafond que pendant quelques années. Notons que le double du plafond pour une personne seule à Paris dans le logement social intermédiaire correspond à peu près aux salaires moyen et médian d'un cadre, soit environ 47 000 €. Le plafond de ressources d'accès sera d'ailleurs abaissé de 10 %. Il n'y aurait qu'environ 12 000 foyers dépassant le double du plafond (24 000 avec la baisse de 10 %), mais probablement beaucoup dépassant le plafond lors de l'accès puisque selon le député Delalande, les organismes bailleurs appliquaient aux revenus un multiple de 4 en 2000 par rapport aux loyers et charges du parc social. Cette mesure très spectaculaire complétera les surloyers, qui s'appliqueront à partir du 1.01.09 pour les dépassements de 20 % au-delà du plafond contre 40 % auparavant. Mais le projet de loi ne prend pas en compte les évolutions de la société française, en particulier les aléas désormais plus fréquents et les variations de revenus corrélatives au cours de la vie. On peut très bien redevenir cadre après des années d'exclusion ou gagner enfin assez pour vivre comme chef d'entreprise ou indépendant, sans que cela soit durable. Or, en 3 ans, on ne peut accumuler un capital suffisant pour se reloger et la priorité peut être plutôt de constituer une épargne pour sa retraite. L'alinéa précité du projet de loi ne prévoit même pas le cas où les revenus passent sous le double du plafond au cours du nouveau bail de 3 ans. Des correctifs doivent donc être introduits dans la loi pour éviter notamment l'expulsion des personnes dont les estimations de droits à l'âge légal de la retraite permettraient d'établir qu'ils seront inférieurs au plafond d'accès au logement social (à l'aide des simulations comme celles effectuées par le service "M@rel" du "GIP Info retraite"). Néanmoins, cette estimation étant d'autant plus aléatoire que l'âge effectif du locataire est éloigné de l'âge légal de la retraite, une condition d'écart par rapport à cet âge pourrait être posée, par exemple 10 ans, en deça desquels l'exception pourrait s'appliquer. Une autre exception de bon sens impliquerait que le revenu dépassant le double du plafond d'accès ait été perçu pendant une période minimale avant le déclenchement du compte à rebours conduisant à l'expulsion. Il faudrait aussi y rattacher l'un des critères de priorité d'attribution d'un logement social tel que défini par l'article L441-1 du code de la construction et de l'habitation: personnes [mal logées] reprenant une activité après une période de chômage de longue durée. Dans ce cas, c'est le délai d'occupation après le constat du dépassement qui serait prolongé. Le patrimoine devrait aussi être pris en compte, comme il doit l'être pour l'accès au logement social. Pour donner un exemple particulièrement éclairant du caractère en trompe-l'oeil de la mesure d'expulsion des locataires, imaginez qu'après le vote du projet de loi, l'employé qui gagnera 40 000 € net après 20 ans de carrière et héritera d'un appartement et d'une maison de campagne de ses parents pourra garder son logement social ! Mais les gogos qui ne s'en tiennent qu'à une mesure symbolique sur le critère des revenus avalent tranquillement. La question est de savoir ce qui est recherché à travers cette disposition. Soit rétablir de l'équité dans la disposition des logements sociaux, en tenant compte de la capacité à se reloger d'une partie des locataires, dont les ressources dépassant le double du plafond constitue un des critères, soit produire du symbolique. Or, il ne fait aucun doute qu'un patrimoine important peut-être constitué par des revenus réguliers au-dessous du double du plafond ou par héritage et donc un apport significatif pour l'acquisition d'un logement tandis que la perception de revenus au-dessus du plafond pendant 2 ans ou même 4 n'est pas significatif à cet égard.

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